Mercredi 17 mars 2027 à 20h

Une voix de femme, un quatuor de saxophones. Ce projet, mêlant musique et poésie, questionne les notions de sacré et de profane. “Prières”, au pluriel, c’est reconnaître l’unicité de chacun – à travers une multitude d’œuvres, littéraires et musicales – dans son cheminement intérieur.

LE PROGRAMME

“À quoi bon chanter, si Dieu n’entre pas dans la danse ?

J’ai écrit ‘Prières’ lors de ma résidence d’écriture à la Fondation Jan Michalski, au cours de l’hiver 2023. Perchée au sommet de ma cabane d’écrivaine, plongée dans un monde de lectures, de rêveries, de marches et de rencontres – tout en parcourant chaque jour la sublime bibliothèque de la Fondation – j’ai pu lire et découvrir la poésie du monde entier : grecque, turque, persane, hébraïque, irakienne, roumaine, somalienne, japonaise…

En pleine immersion poétique et musicale, durant sept semaines, j’ai élaboré un programme mêlant musique et poésie. Du-haut de mon logis, j’écoutais – des heures durant – de la musique de tous âges, afin de sélectionner un répertoire qui serait en adéquation avec cette thématique.

Alors, sacré ou profane ?

J’ai donc élaboré un programme musical issu de la musique sacrée et de la musique profane, avec notamment des extraits de la Grande Messe en Ut mineur et du motet Exsultate, Jubilate de W. A. Mozart; ou encore l’Ave Maria extrait de l’opéra Otello de G. Verdi. Pour ce faire, j’ai réalisé un travail de composition musicale, d’arrangement, de réduction d’orchestre et de réécriture, afin d’adapter les œuvres pour la voix de soprano et le quatuor de saxophones.
En guise d’ouverture du programme, la Sonata en trio no 6 op.3 d’ A. Corelli, appelée « sonate d’église » (sonate da chiesa), est une œuvre musicale, purement instrumentale, très en vogue au XVIIe et au XVIIIe siècle. Elle est écrite pour un ou deux instruments mélodiques (tel que le violon) et elle est généralement accompagnée d’une basse continue. Corelli estimait que les « violons devaient chanter ! ». Pour cet arrangement, j’ai donc pensé à faire « chanter les saxophones », et à y insérer la voix de soprano, de telle sorte à ce que nos cinq instruments se mêlent et se répondent dans un même souffle.

Pour la partie purement compositionnelle, mes pièces sont influencées par la psalmodie et le madrigal, basées sur des textes sacrés, comme le Cantique des Cantiques ou encore de la poésie soufie du 10ème et du 13ème siècle. Les quatre membres du quatuor de saxophones sont également dotés d’une belle voix. Je tenais donc à exploiter cette qualité à part entière de l’ensemble, en proposant des combinaisons de timbres et de couleurs, riches et variées, tout au long du parcours musical : quintette vocal, voix a capella, voix et saxophones, saxophone seul, etc.
C’est ainsi qu’est né Le Maître d’amour, un cycle de quatre madrigaux pour cinq voix a cappella, basé sur des poèmes soufis du grand poète Ibn Arabi (1165-1240). Sensible aux accointances poétiques et spirituelles entre ce poète et le poète Mansur al-Hallaj (858-922), j’ai procédé à un travail d’assemblage de courtes poésies des deux auteurs, que j’ai tissées ensemble, afin d’obtenir un seul et même poème: Chant d’harmonie, est le fruit de ce travail littéraire et poétique, à partir duquel j’ai composé une vocalise a cappella, pour voix de soprano seule.

Et il fût un temps où je priais…dans mon for intérieur, dans mes ombres et ma lumière…

En parallèle de la construction musicale, j’ai écrit un recueil de poèmes autour de ces mêmes thèmes de la prière, du sacré et du profane; de telle sorte à ce que la poésie parsème le programme du concert et guide l’auditeur vers son cheminement intérieur. J’ai écrit cette poésie dans des espaces teintés d’énergies très diverses, au sein de la Fondation Jan Michalski, mais aussi dans différents pays: en Italie à Milan où j’ai vécu quelques mois au sortir de la résidence d’écriture puis en Suisse à Lausanne, puis en France à Paris.
‘Prières’ est ainsi le fruit de trois années de travail, d’écoute, d’observations, de pérégrinations et de rencontres… L’idée m’a littéralement « traversée » à l’été 2022, et ne cesse de m’accompagner jusqu’à Aujourd’hui, à cet instant où je vous la propose.

Rêvons le présent
Ancrés dans les lueurs
Doutons de tout
En toute confiance”

Inès Halimi

Crédits photos originales : Inès Halimi © Clément Lambla ; Quatuor Ellipsos © Paris Photo Studio

Biographies

Inès Halimi, soprano, compositrice 

“Femme Orchestre”, Inès Halimi est tout à la fois compositrice, chanteuse, pianiste, cheffe d’orchestre, auteure et pédagogue. 

Inès Halimi se forme à la composition et bénéficie des conseils et de l’accompagnement d’Isabelle Aboulker et Yves Chauris. Elle est deux fois lauréate de l’Académie de composition « Léo Delibes », dirigée par Thierry Escaich. 

Alors étudiante à la Haute École de Musique de Lausanne en 2018, elle crée la Compagnie …Sans Oublier…, au sein de laquelle elle développe son langage poétique, musicale et dramaturgique, elle s’associe à des artistes qu’elle affectionne et crée des spectacles pluridisciplinaires : Giacometti ou le Jeu des Mots (2019), Mon père sur mes épaules (2020), Rencontres (2022).

En 2023, elle réalise court-métrage, intitulé Dialogues hébraïques. À cette occasion, elle collabore avec un réalisateur de cinéma, tout en préservant la direction artistique du projet : dans ce film, elle joue, chante et danse en duo avec le danseur de renom Gabriel Arenas Ruiz, tout juste sorti du Béjart-Ballet Lausanne.

En 2025, elle crée “Prières”, son nouveau spectacle en association avec le Quatuor Ellipsos. Cette cinquième création de la Compagnie autour du « sacré et profane », est en tournée à l’international pour la saison 2025/2026.

En parallèle de ses spectacles, elle compose pour des artistes de renommée internationale tels que Marina Viotti, Rolando Villazón ou encore le Quatuor Ellipsos, ainsi que pour des institutions prestigieuses comme le Stiftung Mozarteum Festival de Salzbourg (2024) ou encore l’Opéra de Lausanne (2020).

Elle est choisie par Patricia Petibon pour participer à la deuxième édition de son académie Les Chants d’Ulysse, à l’Abbaye Royale de Fontevraud en avril 2024. Inès Halimi chante sous la direction de chefs tels que Leonardo Garcià Alarcòn (soprano solo, dans l’oratorio Israël en Egypte de G. F Händel), Nir Kabaretti (rôle de Papagena), dans Die Zauberflöte de W. A Mozart.
Dans un répertoire plus contemporain, elle interprète Music for 18 musicians de Steve Reich, sous la direction d’Emmanuel Séjourné, aux côtés des chanteuses Susanne Abbuehl et Lauren Newton.

En janvier 2024, Inès Halimi fait partie des quatre musiciens sélectionnés pour faire partie de la première classe de direction de Mathieu Herzog, au conservatoire Rachmaninov de Paris. Durant une année – soutenue par la Fondation Sylvie Rusconi – elle se forme intensivement à la direction d’orchestre auprès du chef français.


Quatuor Ellipsos
Paul-Fathi Lacomb, saxophone soprano
Julien Bréchet, saxophone alto
Sylvain Jarry, saxophone ténor
Nicolas Herrouët, saxophone baryton

Après avoir commencé l’apprentissage du piano à 6 ans avec son père Alain Raës, Tristan Raës entre au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris où il se forme auprès de Bruno Rigutto et obtient le prix de piano. Il y suit le cursus supérieur de musique de chambre dans les classes de Marie-Françoise Bucquet et Daria Havora, puis les classes d’accompagnement instrumental de Jean Koerner et d’accompagnement vocal d’Anne Le Bozec, dont il obtient les prix à l’unanimité. Parallèlement, il travaille avec Nicholas Angelich, Pascal Devoyon et Pierre Boulez à l’occasion de l’exécution de l’une de ses œuvres.

Il est lauréat du Concours international Chant-Piano Nadia et Lili Boulanger et du Concours international de musique de chambre de Lyon, aux côtés du ténor Cyrille Dubois, avec lequel il forme le Duo Contraste. Ensemble, et en partenariat avec le Palazzetto Bru Zane, ils enregistrent le disque de mélodies « Clairières dans le ciel » récompensé d’un « diamant » par Opéra magazine et participent à l’enregistrement du « portrait » consacré à Félicien David (Bru Zane Label, 2017), avant un disque de mélodies de Nadia et Lili Boulanger (Aparté / Palazetto Bru Zane, 2020).

Tristan Raës se produit dans des salles internationales (Wigmore Hall de Londres, Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, Hamarikyu Asahi Hall de Tokyo, Auditorium du Louvre) et joue en récital, en formation de musique de chambre et avec orchestre dans des festivals tels que le Festival Pablo Casals, le Festival Tempo Piano Classique, les Pianos Folies du Touquet-Paris-Plage, Ars Terra ou encore la Saison musicale des Invalides. Il occupe depuis plusieurs années un poste de chef de chant et d’assistant au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris.

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